
Qu’est-ce que le Shiatsu ?
Le shiatsu est un art japonais, dont les origines les plus anciennes viennent de Chine. Littéralement shiatsu signifie pression (atsu) des doigts (shi) : c’est donc une stimulation du corps par les mains, les doigts. Cette pratique se base sur la tendance naturelle du corps à se guérir lui-même, et la stimule. Le praticien de shiatsu est un catalyseur qui réveille ce potentiel naturel de guérison et de rééquilibre, en harmonisant à la fois l’esprit et le corps.
Depuis ses origines lointaines enrichies de divers apports, la pratique du shiatsu sous-tend une philosophie reposant sur le fait que l’Homme doit vivre en harmonie avec l’univers. Lorsqu’il y a disharmonie, la maladie s’installe. Pratiquement, cela signifie que le shiatsu ne cherche pas à lutter contre un symptôme ou une maladie. L’impatience et le rapport de force ou de domination du symptôme ou de la maladie sont incompatibles avec la pratique du shiatsu. Reconnu médecine officielle au Japon, le shiatsu vise à rétablir dans le corps humain la circulation harmonieuse de ces flux vitaux que l’on appelle de façon générique « énergies ». Il est en cela une pratique de santé étonnante. Il trouve sa raison d’être dans l’entretien du terrain et de l’état de santé, et non de lutte contre la maladie. S’inscrivant dans cette vision, le shiatsu n’est par conséquent à aucun moment en concurrence ou conflit avec la médecine moderne. Il s’inscrit au contraire dans une action complémentaire. Son domaine de prédilection est donc celui de la préservation et de la reconquête de l’état de santé.
À qui s’adresse le shiatsu
Le shiatsu s’adresse à toute personne qui souhaite entretenir un meilleur rapport à son corps et à elle-même. Deux à trois séances réparties dans l’année seront à même de participer à une hygiène de vie équilibrante à tous points de vue. On se situe là dans la pratique du shiatsu dit de « confort ».
Il s’adresse également à toutes les personnes qui traversent une phase de tension ou de souffrance. Son action plus thérapeutique est alors à même d’accompagner la plupart des soins et traitements conventionnels. Un praticien de shiatsu « thérapeutique » propose deux à trois séances qui sont enchaînées à une semaine d’intervalle environ et d’une durée approximative d’une heure. Stress, tension, maux de dos, difficultés du sommeil, digestives, nerveuses etc., sont autant de domaines où le shiatsu apporte une réponse.
Comment se déroule une séance ?
Lors d’une séance de shiatsu, les mains et les doigts du praticien interviennent d’une manière très particulière. Il emploie ses doigts, ses pouces, ses mains, de différentes manières pour effectuer des pressions standards, des pressions maintenues, des pressions concentrées par vagues, des vibrations, des stimulations diverses, des martèlements, des étirements, autant de manières de toucher le corps pour apporter une réelle détente et une bonne circulation de l’énergie. Il a donc une dimension de confort certaine.
Mais au-delà de cette dimension de confort et de détente, le shiatsu est également une incontestable pratique de santé.
Quels sont les principes d’action du shiatsu ?
Le premier principe fondamental d’action du shiatsu est physiologique. Il s’agit d’exercer une pression graduelle à la surface du corps, quel que soit l’endroit, afin d’assouplir le muscle qui se trouve en dessous. Ce type de traitement agit de façon thérapeutique en faisant jouer le pouvoir naturel de récupération du corps. Le shiatsu stimule également la circulation dans les vaisseaux capillaires de la peau, active les cellules cutanées, assouplit et améliore la nutrition des muscles, favorise la sécrétion d’hormones de détente… Le corps est ainsi dynamisé et trouve en lui-même les ressources de son propre équilibre.
Le deuxième principe fondamental d’action du shiatsu s’exerce sur un plan plus subtil. Il ne faut pas oublier que les systèmes de guérison chinois, indiens ou japonais incluent dans leurs pratiques une composante liée à l’énergie : le Ki ou (Chi), la force de vie. Lorsque quelqu’un est très actif, « rayonnant » de santé, c’est que son Ki est fort et circule bien dans son corps. Ses organes et toutes les fonctions qu’ils assurent se portent bien. Quand on se sent faible, fatigué et que l’on tombe malade, c’est que le Ki circule mal. Par l’intermédiaire du shiatsu, le praticien peut stimuler le corps pour qu’il reçoive et utilise mieux le Ki. De cette façon, le patient se revitalise et se soigne… Pour autant que celui-ci, toujours selon le shiatsu, pratique une bonne respiration, adopte une alimentation légère et équilibrée, évite les situations de tensions émotionnelles, psychologiques et accepte de s’adapter aux changements que demande régulièrement la vie quotidienne.
Le shiatsu s’appuie sur tous les principes fondamentaux de la médecine traditionnelle chinoise, que l’on connaît généralement à travers l’une de ces disciplines qui s’appelle l’acupuncture. Les étirements et les pressions exercées libèrent des tensions emmagasinées, témoins de déséquilibres dans les flux énergétiques. De par son efficacité reconnue depuis des millénaires, le shiatsu a acquis ses lettres de noblesse et fait partie des médecines énergétiques officiellement établies au Japon.
Bertrand Caillet, praticien et ex-formateur à l’Institut Français de Shiatsu (IFS).
